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Dépliant Loustal traveling le Caire

Magazine Cinespectacle Loustal 15 x 21 cm.

Couverture Loustal: Demain
nº 11 Le magazine de vos Loisire, janvier 2000 |
Loustal: Carte postale « Travelling Le Caire » version 3

37 000 entrées pour le festival rennais qui a
célébré Le Caire du 10 au 17 janvier 2000
Le festival Travelling au delà du cinéma
Un rendez-vous culturel annuel autour d'une ville
En choisissant Le Caire, le festival Travelling, qui s'est terminé le 17 janvier, s'attaquait à un cinéma peu connu. Si le nombre d'entrées en salle est en baisse, cette 11e édition s'est développée par ailleurs, confirmant la volonté des organisateurs de proposer, au-delà du cinéma, un rendez-vous culturel annuel autour d'une ville, Dublin en 2001. (Ouest-France du 18 janvier 2000)
Né tout petit, à l'université de Rennes 2 en 1989, le festival de cinéma Travelling n'en finit pas d'évoluer. En 1999, le thème des villes imaginaires avait donné ses lettres de noblesse au rendez-vous cinématographique rennais. Proposant une majorité de films de science-fiction, plutôt accessibles, Travelling avait attiré 51 000 spectateurs, de quoi devenir le quatrième festival de cinéma en France.
Cette année, les organisateurs ont changé de plan. Ils ont renoué avec un cinéma de découverte, celui du Caire et de l'Égypte, connu quasi exclusivement par la caméra de Youssef Chahine, primé à Cannes. Pour autant, le public a suivi. 37 000 billets sont partis. «Il est rassurant de savoir que les spectateurs nous font confiance, qu'ils sont prêts à nous suivre à la recherche des cinémas du monde», se réjouit Hussam Hindi, directeur artistique. Ces spectateurs ont surtout pu se rendre compte combien le cinéma égyptien pouvait être à la fois moderne et universel, étonnante fenêtre culturelle dans un cinéma mondial où l'hégémonie américaine ne fait guère de doute, que ce soit en France ou en Égypte.
Autre qualité de Travelling, cette année, son choix de dépasser le cadre cinéma pour créer une atmosphère autour du Caire et de son imaginaire. «Le Chichaoui», cabaret éphémère, a ainsi remué, dans les odeurs de chicha, les nuits rennaises. L'occasion de découvrir le talent de Ilham, chanteuse lyrique renno-marocaine, qui reprenait pour l'occasion le répertoire
d'Oum Kalsoum. «En dehors du cinéma, l'ensemble des animations a attiré 10 000 personnes. Cela nous conforte dans l'idée que nous voulons maintenant proposer au public un voyage plus complet dans la ville choisie».
Question ambiance, Travelling ne devrait pas avoir trop de difficultés l'an prochain. L'édition 2001 sera un spécial Dublin. «On avait envie de se rapprocher de l'Europe. Et puis, on sent qu'en Irlande, il se passe quelque chose, une veine nouvelle, une volonté de l'État d'aider les jeunes réalisateurs, des fonds pour la production». Cette «nouvelle vague» rejoindra, dans la programmation, leurs aînés plus connus, Jim Sheridan (My left foot) ou Neil Jordan (Crying game).
Enfin, pas de festival sans compétition (hors thème). Le jury, composé de professionnels du cinéma, n'a pas réussi à se départager entre Papa lune (déjà primé à Nantes, au festival des 3 continents) et Chemins dans la nuit. Le premier, qui sortira en France en mai, nous vient du Tadjikistan, un pays pas franchement réputé pour son cinéma mais qui possède en Bakhtiar
Khudajnazarov, âgé de 35 ans, un réalisateur de tout premier plan, Ours d'argent à Berlin pour son précédent film (le deuxième) Kosh ba kosh. Papa lune, c'est l'histoire d'une famille différente confrontée au regard des autres. C'est aussi le poids des traditions sur fond de guerre d'Afghanistan. Tout cela filmé avec une fantaisie et un sens du loufoque (il pleut des vaches !) qui n'est pas sans rappeler Émir Kusturica.
Ex-aequo, Chemins dans la nuit (qui cherche un distributeur) est aussi froid et réaliste que Papa lune est chaleureux et onirique. Ce premier long-métrage d'Andreas Kleinert, réalisateur allemand de 38 ans, suit le parcours d'un nostalgique qui veut remettre de l'ordre dans le métro... Quant au prix du public Ouest-France (3 791 votants), il récompense La couleur du paradis, de l'Iranien Majid Majidi, l'histoire d'un jeune aveugle qui redécouvre le monde. «À Travelling, le public et le jury sont souvent d'accord. Cette fois, les jurés ont privilégié le style et l'originalité de la mise en scène». Comme si, de bout en bout, la 11e édition de Travelling se voulait être celle d'un festival reparti sur d'autres bases, pour une nouvelle décennie.
Michel TROADEC.

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