Loustal gentleman illustrateur

Le célèbre peintre et dessinateur a entrepris d’illustrer l’œuvre romanesque de Simenon. 
C’est un peu la rencontre de Balzac et de Chirico. 

Le Figaro Magazine - 14 dec. 2018 p.38

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La phrase du livre à retenir (p. 184) 
“Au moment de partir,Owen avait bu un verre au bar,car le meilleur remèdecontre le whiskyest encore le whisky” 


Le Passager clandestin

https://www.loustal.nl/museum2281.htm
https://www.loustal.nl/2019/museum2329.html


Le monde des arts le connaîtsous son nom de crayon,mais son patronyme estJacques de Loustal. On nedira jamais assez combienl’irruption de la fantaisie au sein desvieilles familles peut produire d’itiné-raires fantasques et de destins extra-vagants. Le grand-père de Loustalétait général dans l’armée française,son père aussi, et c’est sans doutedans cette vie des officiers d’autrefois,qui passaient d’une garnison en mé-tropole à une affectation aux confinsde notre empire colonial, qu’il fautchercher l’origine de son goût desvoyages et de l’ailleurs.Un dessin de Loustal se reconnaîtentre mille, avec ses personnagesstylisés, ses paysages exotiques, sou-vent déserts, et ses couleurs saturées,à la manière d’un Chirico qui auraitlu la collection complète de Pilote. Sile New Yorker fait souvent appel àLoustal pour illustrer ses célèbrescouvertures, c’est qu’il a réussi à im-poser un style, une couleur qui n’ap-partiennent qu’à lui, aussi sûrement.

que Somerset Maugham a décritdans ses nouvelles des colonels enretraite de l’armée des Indes et desladies aux cheveux bleus.Mais il serait injuste de réduire Loustalaux nostalgies asiatiques et à la mé-lancolie des tropiques. Certes, lespaquebots, les ventilateurs et les fau-teuils en rotin font partie de sa palettede peintre, mais l’artiste est d’abordsensible aux caractères. Raison pourlaquelle il a entrepris d’illustrerl’œuvre de Simenon, et notamment Le Passager clandestin, admirableroman où l’on retrouve une grandepartie de l’imaginaire du Balzac duXX e siècle. « Ce qui me plaît chezSimenon, dit Loustal, c’est sa descrip-tion de l’âme humaine. Je me retrouvecomplètement dans sa devise dont ilavait fait son ex-libris : “Comprendreet ne pas juger”. » A la différence dePierre Le Tan, autre illustrateur quiévolue dans la mélancolie, Loustalvoit la vie en couleurs. Lorsqu’il enaura fini avec Simenon, il envisaged’illustrer des recueils de haïkus pourdire la poésie du monde. La phrase du livre à retenir (p. 184)