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Soleils de nuit
Jacques de Loustal, Philippe Paringaux
Casterman

Avec Soleils de nuit, chez Casterman, sur des textes de Philippe Paringaux qui sont autant de légendes, davantage qu’un récit construit, Jacques de Loustal poursuit avec éclat sa description toujours aussi forte des désirs et des souvenirs. La centaine de pages de cet album coloré, ô combien, nous transporte dans une Caraïbe aux rythmes chaloupés, aux étreintes enfiévrées. Chaleur, désir.

On ne sait pas où l’on est exactement, ni d’où proviennent ces personnages surgis de l’ombre, étonnamment présents pendant un instant, et puis bientôt relégués dans l’oubli. Silhouettes d’un roman de Modiano, qui truquent et qui mentent, comme ce Norbert qui porte au visage un faux pansement pour apitoyer les filles.

Prodigieux trait de Loustal, que n’effraie aucune juxtaposition de couleurs. Une carcasse de 403 pourrit
à l’ombre d’un palmier, un transatlantique en noir et blanc s’éloigne sur l’océan, un piano, une trompette, brillent sous la lampe, des filles nues affolent les hommes. " Je ne suis pas une fille facile, proclame Gisou, je suis une fille très facile. "

Olivier Barrot/ La bibliotheque virtuelle