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1991 19 Pastels Loustal Titre : Dix-neuf pastels livre, Silicom, p. 34, 19,3 x 23,8 cm, 1991 380 ex (1 x 380) + 30 HC (30
exemplaires réservés à l'auteur et l'editeur) numérotes a la main sur la page de justification du tirage.
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n° 7 Aquarium II: Pastel à l'huile sur papier 480 x 518 mm
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PASTELS
19
PASTELS |
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n° 14 L'été Pastel à l'huile sur papier 280 x 395 mm |
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n° 3 portrait de Monsieur Hareng: Pastel à l'huile sur papier 320 x 250 mm |
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Jacques
de Loustal considère les dix-neuf pastels à l'huile dont les
reproductions composent cet album à la fois comme un travail global et
comme une galerie fictive. Ici, il ne s'agit ni d'illustrations ni de
peintures. Les premières supposent une création originale dont la seule
finalité est d'être reproduite. Elles ont assuré sa notoriété
initiale et fortifié la base de sa pratique, par le biais de la bande
dessinée et de la publicité. Les secondes, ces oeuvres uniques sur une
toile tendue qui peuvent être recommencées, recouvertes, intimement
modifiées, il s'y frotte farouchement, mais sans hâter le moment de la
confrontation. Il devine le prix à payer d'un élan prématuré, et sait
que les carrières artistiques payent vite en manque d'altitude ce
qu'elles gagnent en accélération. La lutte de Jacob avec l'ange ne se décide
jamais au second round. Loustal est un boxeur flegmatique. Dans ce cursus,
le pastel apparaît comme un entre-deux, le point de bascule d'une vie.
Avec lui, Loustal troque la transparence et la fluidité de l'aquarelle -
qu'il connaît bien - pour le royaume du pâteux, du solide et du violent.
Il laisse derrière lui l'urgence et l'instinct pour la matérialité.
Celle de l'oeuvre avec laquelle on se heurte trois jours durant, le
chantier, l'établi, la logique du travail de force. Les blancs, les
reflets, ont cessé d'être une absence - la surface vierge du papier
d'aquarelle - pour acquérir une épaisseur. Le pastel est réaliste.
Le pastel est photographique. Pour
le tordre, pour l'arracher au monde vu de tous, Loustal en ourle les
surfaces d'un trait noir. Un pseudo-encrage de bande dessinée, qui dépasse
la citation d'un genre dont il connaît par coeur les codes. Si Loustal
agit ainsi, c'est afin de réinstaurer l'irréel dans ces moments dont il
est un spectateur fictif, et dont il veut être le metteur en scène.
Regardez Aicha, petite panthère. La femme couchée est soulignée d'un
trait, même si celui-ci se confond avec un bikini explosé par ses
formes. La panthère éponyme, dont le pelage jaune tacheté s'y prêterait
pourtant, échappe au cerné noir. Rien ne matérialise la frontière de
ses couleurs. La panthère appartient à une toile, reproduite dans le
pastel. Une toile à venir. La panthère est la peinture, encore en abîme.
Quant à Aicha... Dans ses Notes de chevet rédigées vers l'an mille, la
dame d'honneur de la cour impériale nippone Sei Shônagon cite au nombre
des "choses qui gagnent à être peintes", "un paysage d'été,
au plus fort de la chaleur". Loustal a vécu au Maroc, seize mois de
coopération comme architecte dans une petite station balnéaire de la côte
atlantique, dont les villas perdues dans la verdure semblaient dessinées
par Rob Mallet-Stevens. Il y a appris la lenteur, l'ennui et l'économie.
Il y a distillé ses dessins, entre des parties de tennis et un grand
planisphère qu'il pouvait contempler en silence, deux heures durant, au
cours de réunions professionnelles où il était le seul à ne pas parler
l'arabe. Sur la plage, il allait faire des séries d'études de ciels.
Ainsi, il a appris la lumière et l'espace. Loustal est sensible au temps
qui passe. Il aime peindre la lumière, et la lumière ne peut être qu'un
moment. Pour lui, chacun de ces pastels est donc un instant figé d'une
histoire. Un point de la course du temps, dont il l'a extrait comme un
poisson d'un torrent. Loustal n'a pas de modèles. C'est malgré lui que
ses personnages se mettent à imiter des êtres réels. Certes, Monsieur
Max et Madame Ida se réfèrent à des personnages, ceux d'une bande écrite
par jérôme Charyn. Il voulait les projeter hors de leur intrigue, et
vers leur propre futur. Sur toute cette série de pastels, seuls ces deux
portraits se sont donc pliés à la notion de ressemblance. Mais leurs modèles
n'ayant eu, eux aussi, que deux dimensions, ils n'ont pas plus souffert
que les autres du diktat qu'implique le respect d'une architecture de
visage. Pour Loustal, les figures humaines apparaissant dans ces pastels
n'en sont que des éléments parmi d'autres. Ni plus, ni moins. Il ne pose
pas de hiérarchie entre la personne et le décor. Peut-être parce qu'il
est sensible aux oeuvres anonymes, ces toiles tendues au fronton des cinémas
de son enfance, ces fresques que l'on voit dans les restaurants du
Maghreb, ces fonds de bidons de pétrole que les artistes haïtiens
ajourent et décorent, ou ces statuettes naïves et guindées, vieilles
comme la colonisation, vieilles comme le métissage, qui se vendent
toujours dans les villes de l'ancienne A.O.F. Créations qui semblent dictées
par le plaisir, et qu'on voudrait croire façonnées par des hommes décidés
simplement à aller au bout de leur envie. Pour Loustal, l'essentiel n'est
pas ce qui frappe l'oeil. Il dit que le nu satisfaisant est rare. Aussi,
il habille les siens d'un espace où des piments abstraits et sensuels
sont répandus sur un tapis, où les bariolures d'un rideau n'obéissent
qu'à un bon plaisir, comme les couleurs de ces poissons qui hantent,
calmes fuseaux métalliques, tronçons sanglants ou arêtes finales, ses
compositions. "Dieu est dans les détails", disait Mies van der
Rohe. Le pivot de cette série de dix-neuf pastels est Un verre de Grappa.
Non qu'il l'ait peint le premier. Mais le format, la matière charbonneuse
du veston de l'homme, la lumière étouffée et la chaleur lourde résument
ce que Loustal attend de cette technique particulière. Un piment équivoque
est posé là, bien sûr. Et quand on s'étonne que le personnage masculin
ait enlevé ses chaussures et ses chaussettes avant même de déboutonner
son col, quand on remarque que la jeune femme semble bien féline face à
autant de chair coincée dans ce terrible costume, bref que le couple paraît
mal assorti pour cesser enfin de rester gelé aux deux bouts d'un canapé,
Loustal répond de sa voix lente et sarcastique qu'il fait chaud en Italie
l'après-midi. Paris,
décembre 1990 S I L I C O M
E T L E M É C É N A T Automatic Translaton: P
R É F IN C E by
François Landon Jacques of Loustal considers the nineteen pastels to the oil whose reproductions compose this album at a time like a global work and like a fictional gallery. Here, it is not about illustrations nor paintings. The first suppose an original creation whose only finality is to be reproduced. They assured his initial and walled fame the basis of his practice, by the slant of the comic strip and the advertisement. The seconds, these unique works on a tense canvas that can be restarted, covered, intimately modified, he rubs himself of it fiercely, but without precipitating the moment of the confrontation. He guesses the price to pay for a premature impetus, and knows that the artistic careers pay quickly in lack of altitude what they win in acceleration. Jacob's struggle with the angel never decides to the second round. Loustal is a stolid boxer. In this degree course, the pastel appears like one between two, the point of one life rocker. With him, Loustal exchanges the transparency and the fluidity of the watercolors - that he knows well - for kingdom of the pasty, the strong and the violent. He lets behind him the emergency and the instinct for the materiality. The one of the work with which one collides three days during, the yard, established it, the logic of work by force. The white, the reflections, stopped being an absence - the virgin surface of the watercolors paper - to acquire a thickness. The pastel is realistic. The pastel is photographic. To
twist it, to pull it to the world seen of all, Loustal hems the surfaces
of a black feature of it. A pseudo encrage of comic strip, that passes the
quote of a kind of which he knows by heart the codes. So Loustal acts
thus, it is in order to reinstitute the unreal in these moments of which
he is a fictional spectator, and of which he wants to be the producer.
Look at Aicha, small panther. The lying woman is underlined of a feature,
even though this one confounds itself with a bikini exploded by his
shapes. The panther éponyme, whose speckled yellow fur would yet lend
itself of it, escape to surrounded it black. Nothing materializes the
border of his colors. The panther belongs to a canvas, reproduced in the
pastel. A canvas to come. The panther is the painting, again in abyss. As
for Aicha... In his Notes of bedhead written toward the one thousand year,
the lady of honor of the court imperial nippone Sei Shônagon mentions to
the number of the " things that wins to be painted ", " a
landscape of summer, to the strongest of the heat ". Loustal lived in
Morocco, sixteen months of cooperation as architect in a small sea resort
of the Atlantic coast, of which the villas lost in the greenery seemed
drawn by Rob Mallet - Stevens. He earned the slowness, the boredom and the
economy there. He distilled his drawings there, enter the parts of tennis
and a big planisphère that he could contemplate in silence, two hours
during, during professional meetings where he was the only one to not to
speak Arabic. On the beach, he was going to make sets of study of ciels.
Thus, he learned light and the space. Loustal is weather sensitive that
passes. He likes to paint light, and light can be only one moment. For
him, each of these pastels is therefore one instant frozen of a history. A
point of the race of the time, of which he extracted it like a fish of a
torrent. Loustal doesn't have any models. It is in spite of him that his
characters start imitating real beings. Certainly, Mr. Max and Mrs. Ida
refer to characters, those of a strip written by Charyn jérôme. He
wanted to project them out of their intrigue, and toward their own future.
On all this set of pastels, only these two portraits accepted the notion
of resemblance therefore. But their models not having had, them also, that
two measurements, they didn't suffer anymore that the other of the diktat
that the respect of a face architecture implies. For Loustal, the human
faces appearing in these pastels are some only of the elements among
others. Nor more, nor less. He doesn't put a hierarchy between the person
and the decor. Maybe because he is sensitive to the anonymous works, these
canvases aimed to the pediment of the movies of his childhood, these
frescos that one sees in the restaurants of Maghreb, these funds of cans
of oil that the Haitian artists perforate and decorate, or these naive and
prim, old statuettes as the colonization, old as the miscegenation, that
always sells themselves in the cities of the former A.O.F. Creations that
seem dictations by the pleasure, and that one would like to believe shaped
merely by settled men to go at the end of envies them. For Loustal, the
essential is not what hits the eye. He says that the naked satisfactory is
rare. Also, he dresses his of a space where abstract and sensual pimentos
are spilled on a carpet, where the bariolures of a curtain only obeys a
good pleasure, as the colors of these fishes that haunt, quiet metallic
spindles, bloody sections or final bones, his compositions. " God is
in the details ", said Crumbs sieve Rohe der. The pivot of this set
of nineteen pastels is A glass of Grappa. No that he painted it the first.
But the format, the matter charbonneuse of the man's jacket, the
suppressed light and the mugginess summarize what Loustal waits for this
particular technique. An ambiguous pimento is put there, of course. And
when one wonders that the masculine character removed his shoes and his
socks before even to unbutton his collar, when one notices that the young
woman seems well feline facing as much flesh stuck in this terrifying
costume, brief that the couple appears badly assorted to stop remaining
frozen to the two tips of a sofa finally, Loustal answers for his slow and
sarcastic voice that he makes hot in Italy the afternoon. Paris,
December 1990,
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n° 10 Aquarium I : Pastel à l'huile sur papier 475 x 645 mm
n° 1 le milieu de l'Atlantique : Pastel à l'huile sur papier 270 x 451 mm
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